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Des cités internationales de la gastronomie au service des terroirs ou de la cuisine haut de gamme ?

Ouvertures entre 2016 et 2024

D'ici 2024, quatre Cités internationales de la gastronomie auront vu le jour. A Rungis (banlieue sud de Paris), à Lyon, à Dijon et à Tours, les cultures culinaires de la France et du monde entier seront mises à l’honneur. Mais quelle sera leur vision de la gastronomie : vitrine du terroir ou éloge de la cuisine haut-de-gamme ?

« Outil innovant de valorisation culturelle, économique et touristique du patrimoine gastronomique de la France», (Réseau des Cités de la Gastronomie, 2011), ces Cités émanent du classement par l’Unesco, le 16 novembre 2010, du Repas gastronomique des Français sur la liste représentative du patrimoine immatériel de l’humanité. 

A Tours, la Cité internationale de la gastronomie a été inaugurée le 23 septembre 2016. Déjà ouverte au public, la «Villa Rabelais», aménagée dans l’ancienne faculté de droit, sera un lieu dédié à la formation et à la recherche. L’objectif est avant tout de faire de "Tours, cité internationale de la gastronomie" un creuset intellectuel en partenariat avec l’Université, l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation (IEHCA), les lycées professionnels et les Compagnons du devoir. A ce titre, un festival de la gastronomie a déjà vu le jour à l’automne 2017. Afin de disposer d’un deuxième lieu emblématique, un espace de valorisation des produits de terroir devrait s’ouvrir du côté des halles. Le pain, le vin et le fromage seront mis à l’honneur. Le budget alloué à ces projets s’élève pour le moment à 300 000 euros.

A Dijon, la Cité de la gastronomie sera inaugurée en 2018 sur le site de l’ancien hôpital général. Il occupera 30 000 m2 et comprendra un pavillon de la gastronomie et du vin ; un espace d’expositions temporaires, faisant la promotion du repas gastronomique français ; un jardin botanique valorisant les cépages viticoles du monde ainsi que les fruits et légumes entrant dans la composition du repas gastronomique français ; un centre de conférences pour l’accueil de séminaires, d’ateliers, de formations et  de conférences ; une boutique ; une salle de réception de 700 places capable de recevoir de grands banquets ; une chapelle des climats, lieu d’interprétation des climats du vignoble de Bourgogne ; une grande brasserie et cafétéria ; un pôle commercial appelé «Village des artisans du goût» avec au centre une grande épicerie et autour des «stands de la gastronomie» dédiés aux métiers de bouche et aux arts de la table.

La Cité internationale de la gastronomie de Lyon, dont l'ouverture est prévue en 2019, sera logée dans le Grand Hôtel Dieu, ancien hôpital central de la ville. Organisée comme un «parcours du goût pédagogique et interactif», elle s’étendra sur 3600 m2.  Moins liée à une identité régionale que celle de Dijon, la cité se partagera entre exposition permanente qui «déclinera l’histoire de l’alimentation dans le monde, le bien-être et le bien-manger» (Grand Lyon, 2016) et exposition temporaire qui mettra à l’honneur un produit particulier ou un pays invité. Tout au long du parcours, des expériences sensorielles seront proposées aux visiteurs. On y trouvera aussi un espace de démonstration animé par des professionnels des métiers de bouche (cuisiniers, pâtissiers, fromagers, bouchers, vignerons). 

A Paris-Rungis, la Cité est prévue pour 2024, qui est aussi l'année des Jeux Olympiques de Paris. Elle ressemblera à un quartier aménagé sur près de 7,5 ha sur le site du marché international de Rungis et disposera de trois grands pôles : – cultures et découvertes : pensé autour d’un centre d’interprétations et d’expérimentations avec médiathèque et espaces d’exposition ; – ressources et formation : autour des thématiques de la gastronomie et de la restauration ; – restauration, commerces, activités : avec un projet de halle de produits frais mettant à disposition du grand public les produits d’Ile-de-France, des restaurants, des hôtels, le tout relié par des jardins gastronomiques. La cité aura pour vocation de mettre en valeur la production de plus de 600 produits agricoles et artisanaux d’Ile-de-France dans le domaine alimentaire.

Ces Cités sont révélatrices d’un besoin d’identification de certains territoires qui ont pour noyau une grande ville voire une métropole. Elles devraient mettre à l’honneur aussi bien un territoire vivant qu’un patrimoine gastronomique muséïfié. Derrière ce projet, qui célèbre le terroir et la gastronomie, se cache la volonté des pouvoirs publics de jouer la carte du marketing territorial au service du développement local et régional. Gageons qu'en mettant en résonance le produit de terroir et le terroir en tant que tel, par l'entremise de la gastronomie, de l’appellation et de la marque, ces cités soient porteuses de valeur ajoutée économique et culturelle pour les territoires qui produisent.

Santé-Goût-Terroir

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